Travaux d’Hercule 
Annette Dannecker et Paola De Luca

Annette Dannecker et Paola De Luca

31.03.2021

Annette Dannecker et Paola De Luca, Coprésidentes de la Société Suisse de Pédagogie Musicale SSPM, répondent aux questions de la Revue Musicale Suisse

Comment allez-vous après cette année ?

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Paola de Luca (texte)

Après une année de crise pandémique, mes sentiments à cet égard sont partagés.

D’un point de vue personnel, et j’imagine comme l’ensemble de la population, je ressens une lassitude générale quant à cette situation qui nous maintient en permanence dans une atmosphère d’incertitude, ainsi que le manque de perspectives, qui rend difficile la projection dans un avenir plus serein. Je suis néanmoins impatiente de faire à nouveau des projets concrets et que la musique reprenne sa place dans notre société.

D’un point de vue professionnel au sein de la SSPM, cette crise a apporté beaucoup de sens et de valeur à notre travail pour la défense des intérêts des professeurs et professeures de musique. Ce parcours est semé d’embûches et nous donne parfois l’impression d’être des Don Quichotte et de nous battre contre des moulins à vent, mais cela ne me décourage pas pour autant, la lutte continue !

Et, comme ma collègue Annette l’a si justement dit, la rencontre avec d’autres personnes et institutions engagées dans la même lutte donne du courage et atténue la fatigue dans ce parcours.

Les nombreux retours positifs de nos membres quant aux informations et quant à l’aide qu’elles ou ils reçoivent me donnent du baume au cœur et le courage de continuer.
 

Quel est votre souvenir le plus marquant de cette année de pandémie ?

Mes souvenirs les plus marquants de cette année de pandémie sont ceux liés au début de la crise.

J’ai plusieurs occupations professionnelles, dont une qui se situe au Tessin. Il y a exactement une année, début mars 2020, je me suis retrouvée sur le quai complètement désert de la gare de Bellinzone, alors qu’à l’heure du train pour Zurich, ce quai est toujours noir de monde.

Cet événement qui pourrait sembler anodin a été en fait le signe précurseur de la gravité de la situation au Tessin à ce moment-là, et était en fort contraste avec ce qui se passait dans le reste du pays. Le Coronavirus a touché en premier le sud des Alpes, et j’ai pu constater de mes propres yeux que le premier décès a suscité une réaction très forte auprès de la population tessinoise, qui a adopté des changements de comportement immédiats, bien avant les autres. Tout cela a eu lieu environ une semaine avant la prise de conscience collective de la situation, lors de la conférence de presse du Conseil fédéral du 13 mars 2020.

Cette conférence de presse a été comme un deuxième « électrochoc » pour moi. En effet, l’annonce de la fermeture des écoles a été le signal que nous devions toutes et tous mettre nos vies entre parenthèses et cela a entièrement bouleversé nos habitudes (à l’époque nous ne pouvions pas imaginer la suite des événements et l’ampleur de la crise).

Ce qui m’a marquée le plus dans le premier confinement a été le silence, qui sous certains aspects était agréable dans une ville comme Genève, mais qui sous d’autres avait un côté plus triste, comme de ne plus entendre les cris des enfants dehors (j’habite en face d’une école).
 

Selon vous, en quoi la pandémie a-t-elle changé la profession de musicien ou le travail de votre association ?

Comme je l’ai indiqué dans la question précédente, je fais partie de celles et ceux qui ont différentes activités professionnelles et je suis donc à même de comprendre les problématiques engendrées par la pandémie.

Les indépendants et indépendantes ont été le plus gravement touchés par la crise, cela en a précarisé un bon nombre, au point que beaucoup de personnes envisagent de changer de profession.

Je pense qu’il faudra du temps pour que le secteur culturel puisse se relever après cette crise, et je crains que certains aspects de la vie des musiciens et musiciennes ne soient changés de manière indélébile.

Ce qui a représenté un changement radical pour les professeurs et professeures de musique a été le « virage numérique » des leçons données en ligne. Ces nouveaux outils numériques se sont révélés être une expérience excitante et pleine de nouvelles perspectives pour certains, mais malheureusement un certain manque de connaissance pour les utiliser a été vécu comme un handicap par d’autres, qui ont eu beaucoup plus de mal à s’adapter à ces nouveautés. Nous avons d’ailleurs fait un guide pratique pour venir en aide à toutes celles et tous ceux qui en avaient besoin, ce qui nous a permis de tester les différentes propositions, afin d’être à même de conseiller nos membres en se basant sur notre expérience.

Il ne faut cependant pas perdre de vue que ces nouveaux paramètres qui découlent de l’enseignement à distance doivent être réglementés et surveillés, et cela devra être supervisé par les associations professionnelles.

Le travail au sein de mon association a été beaucoup plus axé sur l’aspect syndical et politique, mais l’aspect relationnel et humain avec les membres a pris aussi une place importante. En effet, passer du temps au téléphone pour répondre aux questions, mais aussi et surtout pour écouter les inquiétudes et le vécu des membres a été un aspect important de cette période de crise (qui n’est malheureusement pas terminée).
 

Quelle question aimeriez-vous poser au Conseil fédéral ou que voudriez-vous qu’il fasse pour relancer la vie musicale ?

Je souhaite que toutes celles et tous ceux qui ont subi des pertes dues à l’interdiction de travailler (de manière particulière le domaine culturel qui a dû cesser ses activités depuis une année entière) puissent recevoir une compensation de 80 pour cent de leurs revenus ou un revenu de base. Ce qui se passe à ce niveau dans le canton de Zurich et est en projet dans certains autres cantons devrait être généralisé au niveau national.

Je souhaite aussi que les professeurs et professeures d’art indépendants soient inclus dans les catégories des ayants droit à une indemnisation financière.

Il faudra certainement beaucoup de temps pour que la scène culturelle puisse se remettre (si tant est que cela soit possible) du traumatisme que représente cette crise du Covid, il faut aussi qu’il y ait une réelle prise de conscience générale de l’importance des artistes (et des enseignants et enseignantes d’art) dans notre société. Et cela doit se manifester aussi par une aide financière concrète et respectueuse de toutes celles et tous ceux qui ont l’interdiction de travailler pour préserver la collectivité.

Mon opinion personnelle rejoint le texte de la pétition de la Taskforce Culture, qui résume parfaitement toutes mes revendications
 


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