L’ASEM se tourne vers l’avenir de la formation musicale. 

Les écoles de musique au banc d’essai

Niklaus Rüegg, 27.04.2015

Les trois principes formant la vision de l’ASEM - « anticiper – unir – soutenir » - sont traités sur un pied d’égalité par l’association faîtière. Ces prochaines années, l’accent sera toutefois mis sur « anticiper » : L’ASEM a en effet lancé un ambitieux projet intitulé « école de musique de demain » dont l’objectif est d’étudier et de mettre en évidence les exigences auxquelles doit satisfaire une école de musique tournée vers l’avenir.

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«Notre jeunesse a plus besoin que jamais d’avoir accès à des formes d’expression au-delà des mots et des chiffres. »

L’ASEM se tourne vers l’avenir de la formation musicale.

Niklaus Rüegg – Les écoles de musique sont sollicitées sur tous les fronts. L’évolution de la société avec ses composantes démographiques et sociales, la politique avec la réorientation en cours de la formation musicale et ses implications au niveau national, cantonal et communal, mais aussi les aspects économiques et pédagogiques en lien avec l’école sont autant de défis qui exigent une stratégie prospective. L’an passé, l’Assemblée des délégués a chargé le comité de l’ASEM d’esquisser les principes du projet « école de musique de demain ». Le coup d’envoi a été donné en début de l’année, et les différents secteurs travaillent déjà sur plusieurs projets partiels. La présidente Christine Bouvard donne des précisions sur le sens, l’utilité et les objectifs de cet ambitieux projet et sur la suite des travaux.

Madame Bouvard, pourriez-vous décrire en quelques phrases votre vision de l’école de musique de demain!

L’école de musique de demain est une institution de formation reconnue, qui travaille en réseau avec l’école publique afin de transmettre à des jeunes des compétences utiles pour la vie, leur donner accès à la culture musicale et les aider à construire leur personnalité. Les écoles de musique offrent un environnement d’apprentissage diversifié où des personnes de toutes les générations, de diverses origines ou encore ayant des besoins spécifiques peuvent exercer leur créativité et leur esthétique individuellement et en groupe en bénéficiant d’un savoir-faire de haute qualité. Les structures des écoles de musique sont économiquement rationnelles et favorisent une offre pédagogique diversifiée.

Pourquoi est-ce précisément maintenant que ce projet d’avenir est nécessaire?

Notre jeunesse a plus besoin que jamais d’avoir accès à des formes d’expression au-delà des mots et des chiffres. Par leurs offres de formation, les écoles de musique jouent un rôle important dans une éducation globale de l’individu. Elles contribuent à ce que la jeune génération d’aujourd’hui s’attaque avec engagement, courage et créativité aux grandes questions de notre société. ll est temps que les écoles de musique s’ouvrent à de nouveaux groupes d’intérêts et cultivent une diversité pédagogique innovante. Dans un contexte marqué par les restrictions budgétaires, il est indispensable de revoir les offres et de trouver des réponses en développant des solutions pédagogiques adéquates. Le projet de l’école de musique de demain fournit une plate-forme d’échange et propose des idées et des esquisses de solutions qui peuvent aider les écoles de musique à définir leur identité et leur orientation. Car nous avons une mission importante à remplir: la formation artistique en général, et la formation musicale en particulier, sont des outils pour résoudre les défis sociaux et culturels de notre temps.

Quelles ont été vos références pour la planification du projet?

Notre association a accompli plusieurs années de travail intense qui ont débouché sur l’adoption de l’article constitutionnel. Avec les prescriptions de l’UNESCO, cet article constitue la principale référence de notre projet. Dans l’Agenda de Séoul (2011), la formation artistique est qualifiée d’essentielle pour une société créative et flexible, qui doit montrer de grandes facultés d’adaptation pour réagir aux évolutions rapides auxquelles elle est confrontée. Le Conseil européen de la musique a adapté ce document pour l’éducation musicale et formulé ainsi les principes servant de cadre de référence pour nos travaux :
1. Accès à l’éducation musicale en tant que composante d’une formation globale pour tous.
2. Qualité élevée dans la conception et la réalisation de programmes de formation musicale.
3. Application des principes et pratiques de l’éducation musicale pour contribuer à relever les défis sociaux et culturels du monde contemporain (Agenda de Séoul, Déclaration de Bonn).

Qui, en dehors du comité, sera associé activement aux travaux du projet ?

Le projet dans son ensemble a pour objectif d’encourager les échanges entre le comité de l’ASEM, les comités des associations cantonales et les écoles de musique. En complément, des spécialistes de domaines apparentés de l’éducation seront associés aux travaux pour permettre de mener une discussion interdisciplinaire solidement étayée. Les groupes de travail seront constitués sur une base la plus large possible.


L’un des trois piliers du projet est la « coopération ». Quels partenaires seront importants à l’avenir pour la (sur)vie des écoles de musique?

Avec l’article constitutionnel, nous nous sommes donné pour objectif de placer sous un même toit les secteurs de l’école publique, des écoles de musique et des associations d’amateurs. L’école de musique de demain devra travailler en réseau avec ces institutions, de même qu’avec les hautes écoles de musique, les hautes écoles pédagogiques et d’autres acteurs culturels. Sans ces liens étroits, il sera difficile de répondre à l’avenir aux questions fondamentales posées par la formation dans le domaine artistique. Nous avons déjà lancé un projet partiel sur le renforcement de la coopération entre les associations d’amateurs et les écoles de musique, et nous explorons des pistes au sein d’un groupe de travail réunissant des représentants de la musique pour vents, des chœurs, des jodleurs, de la musique populaire, des orchestres et des écoles de musique.


Le « développement de l’école » recouvre d’une part des thèmes pédagogiques comme les nouvelles formes d’enseignement et d’apprentissage, d’autre part des aspects sociaux et sociétaux liés à la clientèle. Quelles sont vos priorités dans ce domaine?

Le projet pédagogique se concentre sur les nouvelles formes d’enseignement et d’apprentissage qui se distinguent des approches traditionnelles et connues des écoles de musique. L’éventail va de la création d’environnements pédagogiques différents à l’utilisation de nouvelles technologiques, comme l’apprentissage en ligne. D’autre part, l’évolution de la société entraîne l’apparition de nouveaux segments de clientèle. Aujourd’hui, l’apprentissage est un processus se prolongeant toute la vie, et les écoles de musique doivent donc s’adresser aux personnes de tous âges. Par ailleurs, notre société est grandement influencée par la migration. Les écoles de musique peuvent jouer ici un rôle d’intégration et apporter une contribution essentielle à l’égalité des chances et à la participation culturelle. Un projet partiel est en cours pour rassembler des modèles novateurs des écoles de musique et les rendre accessibles.

Dans un contexte marqué par le recul des ressources financières, l’aspect financier prend une importance grandissante. Que souhaitez-vous apporter aux écoles de musique au travers du thème « développement de l’organisation »?

Ce projet partiel vise surtout à éclairer des aspects entrepreneuriaux ainsi que des questions touchant à l’organisation, aux autorités responsables, à la grandeur économiquement pertinente des écoles de musique et aux possibilités de coopération et d’amélioration au sein de la structure.


Un mot au sujet du programme « jeunesse et musique », le nouveau programme fédéral d’encouragement élargi analogue à « jeunesse et sport », qui sera lancé le 1er janvier 2016, sous réserve de l’approbation des chambres fédérales. Quelles répercussions cette nouvelle offre aura-t-elle pour les écoles de musique?

Le nouveau programme jeunesse et musique est une véritable avancée pour notre pays. Il s’agit d’un programme d’encouragement destiné aux musiciens amateurs, qui fournira une aide financière pour des cours et des camps. Les écoles de musique pourront aussi y prendre part en proposant par exemple leurs propres camps musicaux. Les professeurs de musique suivront à cet effet une brève formation de moniteur qui leur apprendra le mode de fonctionnement de jeunesse et musique et des notions de base de l’animation jeunesse. Le contenu de la formation des moniteurs est en train d’être développé par un groupe de travail sous la direction de l’Office fédéral de la culture. L’ASEM y collabore étroitement. On entend souvent dire que ce programme serait une menace pour les écoles de musique. Ce n’est pas du tout mon avis. Le programme soutient les offres existantes des associations d’amateurs et les offres de formation correspondantes des écoles et écoles de musiques, et peut donc être considéré en ce sens comme un bon complément.


Quels résultats partiels prévoyez-vous de présenter à l’AD de juin?

Les différents sous-projets n’en sont qu’au stade de lancement et il est donc prématuré de parler de résultats partiels. Nous pourrons simplement donner à nos délégués un aperçu des projets mis en route. Quelques groupes sont déjà au travail, d’autres sont en train d’être formés. Le micro-site « Ecole de musique de demain » intégré dans le site de l’ASEM constituera le principal outil de communication. Il sera mis en ligne lors de l’AD et permettra à tous de suivre l’avancement des différents projets. Dans une deuxième étape, ce micro-site sera rendu interactif.
Notre plus importante plate-forme d’échange, le Forum sur la formation, musicale, s’inscrit également dans le cadre de ce projet. Il aura pour thème « Vers de nouveaux horizons » et sera aussi une source d’inspiration pour l’innovation dans les écoles de musique. Le programme détaillé sera présenté à l’AD.

 

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