Plan d'études cadre harmonisé 

Cohérence et respect des différences

Niklaus Rüegg, 23.05.2015

Un plan d’études harmonisé a été créé pour les écoles de musique subventionnées du Valais. Il est en ce moment en phase d’approbation. Melody Ehrensperger et Pascal Reichler nous l’expliquent.

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Melody Ehrensperger
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Pascal Reichler

Plan d'études cadre harmonisé

Interview : Niklaus Rüegg

Quand a été donné le signal de départ de votre travail?
A la fin 2012, le mandat a été donné aux trois écoles de musique de former un groupe de rédaction (GR), chargé de rédiger un plan-cadre harmonisé. L’amo (Allgemeine Musikschule Oberwallis) a choisi Pascal Reichler, l’EJMA-VS (l’Ecole de jazz et musiques actuelles – Valais) Melody Ehrensperger et le CC (Conservatoire Cantonal du Valais) Jörg Lingenberg. Ces trois personnes avaient pour mission l’élaboration d’un plan d’études-cadre harmonisé: le PECH, veillant à préserver et intégrer les différentes philosophies des trois écoles. La rédaction du PECH a débuté en janvier 2013 et s’est achevée en mars 2014. Le plan a été avalisé par le Conseil des écoles le 1er mars 2014 et présenté à Jacques Cordonnier, chef du Service de la culture du Valais, en avril. Les écoles sont actuellement dans la phase d’introduction et de probation des plans.

Quelles étaient les raisons profondes de ce travail?
L’ensemble du processus d’harmonisation a débuté en 2010, lorsque le conseiller d’Etat alors en charge de la culture, Claude Roch, a mandaté une commission issue des trois écoles de musique subventionnées par le canton du Valais — amo, EJMA-VS et CC — afin de dresser un état des lieux de la formation musicale non professionnelle dans le canton. Cette première commission s’est conclue par le rapport Formation musicale VS_Rapport final, rédigé par Frédéric Studer. Le principe du subventionnement exclusif de nos trois écoles a été confirmé.
Suite à cette première étape, le chef du Service de la culture Jacques Cordonnier a initié une deuxième phase en vue d’harmoniser les trois écoles et d’assurer une cohérence de qualité dans l’enseignement, un statut comparable des professeurs, un nombre de semaines d’enseignement commun, etc.
Le rapport de cette commission, également rédigé par Frédéric Studer, propose des lignes directrices pour l’enseignement de la musique dans les trois écoles reconnues par l’Etat du Valais, une définition des niveaux du cursus de formation musicale, le principe d’une évaluation sommative au passage de ces niveaux, une réforme du statut des professeurs, une nouvelle clef de subventionnement par l’Etat du Valais, etc.
La rédaction du PECH est la suite logique de ces travaux.

Pourquoi fallait-il créer un plan harmonisé pour des écoles si différentes dans leur pratique et ce, de plus, dans un canton bilingue?
L’Etat du Valais voulait ainsi assurer une homogénéité de qualité dans les écoles qu’il subventionne. Sous l’impulsion du Service de la culture et des directions de nos écoles, celles-ci ont fondé l’AVEM, Association valaisane des écoles de Musique, afin
d’étayer ce processus de renforcement de la formation musicale en Valais.

Quelle est la mission de formation des écoles de musique valaisannes, formant les prémisses de ce travail?
Les trois écoles sont subventionnées sur la base d’une double exigence de l’Etat du Valais: premièrement, offrir l’accès à une formation musicale de qualité à toute la population valaisanne. Vu la géographie particulière du Valais, cela implique une grande décentralisation de l’enseignement (56 sites pour l’amo, par exemple). Deuxièmement, préparer la relève musicale en offrant aux élèves les plus doués une formation leur permettant l’accès aux HEM.

Sur quels plans existants vous êtes-vous appuyés pour réaliser ce travail?
Nous nous sommes inspirés des plans de différentes institutions romandes (Conservatoire de Lausanne, plans des écoles de musique de Genève), des plans de l’association des écoles de musique Zurich, mais surtout du fantastique travail de la KOMU (Konferenz der Österreichischer Musikschulen). Nous avons également tenu compte des plans préexistants au sein de nos trois écoles, ainsi que des remarques et suggestions de nos collègues professeurs.

A quoi deviez-vous particulièrement prêter attention pour respecter les identités des différentes écoles?
Harmonisation ne signifie pas normalisation. Comme les trois écoles enseignent des domaines musicaux très différents, il a fallu trouver une formulation des contenus et des objectifs dans laquelle chacune des écoles puisse se reconnaître. Notre préoccupation a été donc de définir un socle commun de compétences qu’un musicien doit acquérir pour pratiquer son art, quelle que soit la direction musicale qu’il suit. Nous avons volontairement écarté les questions de répertoire et de méthodes, laissant ainsi aux écoles une grande latitude pour maintenir et documenter leur pratique. Le GR s’est décidé pour une division du plan en deux colonnes: les contenus d’une part et les objectifs d’une autre part, posant ainsi les bases d’un processus d’évaluation.
Il nous a fallu tenir compte des différentes manières d’enseigner la théorie, intégrée au cours d’instrument à l’amo, proposé sous forme de cours indépendants à l’EJMA-VS et obligatoire en cours séparés au Conservatoire. Là aussi, le GR a défini un socle commun de connaissances théoriques nécessaires à une bonne étude de la musique.

Sur quels domaines de la formation instrumentale et vocale vous êtes-vous concentrés?
Nous avons ordonné les différents contenus et objectifs en trois domaines: artistiques, techniques et théoriques, ce qui fait écho aux trois axes principaux de l’étude musicale tels que définis dans le rapport Studer: la recherche d’expression (socioartistique), la pratique instrumentale et l’aspect cognitif. Lorsqu’un contenu se retrouvait dans plusieurs domaines, nous l’avons classé là où il nous semblait le plus présent.

Vous avez divisé le cursus d’étude en quatre niveaux: éveil musical, élémentaire (niveau I), moyen (niveau II), secondaire (niveau III). A l’intérieur de ces niveaux, l’enseignement est réparti en trois domaines: artistiques, technique, théorique. L’atteinte de ces objectifs par les élèves sera-t-elle évaluée lors d’examens de passage?
Le principe de l’évaluation sommative de passage est une des lignes directrices du rapport Studer tout comme la division du cursus d’études en trois niveaux. Il y aura donc une évaluation sommative de passage, dont la forme est en cours de discussion, et qui fait l’objet d’un nouveau mandat confié au GR. Au Conservatoire cantonal, l’évaluation se fait sous forme d’examens auxquels se soumettent tous les élèves. A l’EJMA_VS, les examens sont obligatoires aux passages de niveau et deviennent annuels dès l’entrée en cycle III. A l’amo, l’examen se fait sur une base volontaire, suivant le même schéma que dans les deux autres écoles. L’évaluation est continue, une grande part des élèves de l’amo faisant partie de sociétés de musique et/ou se produisent souvent dans les manifestations de leurs communes (écoles, église, hôpitaux, etc.)

Les plans détaillés par instrument sont très approfondis et précis. Jusqu’où sont-ils contraignants pour les écoles?
Les plans sont certes très détaillés, mais bien plus qu’un règlement, ils se veulent une sorte de check-list ouverte pour l’enseignement de la musique. Ils sont formulés de manière suffisamment large pour ne pas être une contrainte: leur finalité est de soutenir l’enseignant, non de le contrôler. Le travail de collecte d’informations sur les méthodes, répertoire et exercices qu’utilisent nos professeurs constituera une sorte de caisse à outils pédagogiques où chercher des manières d’atteindre les objectifs listés dans le PECH. Les plans sont soumis à une période de deux ans d’essai, durant lesquels ils seront affinés, des formulations éventuellement modifiées sans que le catalogue de compétences ne soit affecté.


On peut consulter les deux rapports Studer sur:
www.vs.ch/culture > A propos du Service > Publications > Direction du service
 

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