Avec discipline et passion, il est possible de mener deux carrières parallèlement 

FFM 2016: Christoph Deluze, pianiste et médecin

Niklaus Rüegg, 05.12.2015

Christoph Deluze n’a jamais voulu choisir entre ces deux professions. Parce qu’il les pratique toutes deux avec une même passion - sept jours par semaine.

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Précision et modestie sont des qualités que Christoph Deluze a apprises de la médecine.

Avec discipline et passion, il est possible de mener deux carrières parallèlement

Niklaus Rüegg – Le petit Christoph voulait en fait jouer du violon. Mais ses parents l’envoyèrent chez un ami professeur de piano et depuis lors, il ne s’est jamais séparé de cet instrument. Après quelques mois, il jouait des sonates de Beethoven et bientôt, son professeur n’eut plus rien à lui apprendre.
Après une formation de base au Conservatoire de Neuchâtel, Christoph Deluze, âgé de dix-huit ans, étudia à la Guildhall School of Music à Londres. Il se perfectionna ensuite auprès de Dagobert Buchholz à Vienne, et c’est là qu’il se découvrit plus tard une prédilection pour le répertoire russe. Parmi ses enregistrements figurent notamment l’ensemble des préludes pour piano de Dimitri Kabalevsky, et le premier enregistrement mondial des pièces pour piano de César Cui.
Le célèbre pianiste Wilhelm Kempff, qui était lui-même très intéressé par la biologie, lui conseilla de se tourner vers les sciences naturelles. Christoph Deluze commença à se passionner pour la médecine, au point qu’il interrompit sa toute jeune carrière de pianiste de concert pour entreprendre des études médicales. Aujourd’hui, il travaille de lundi à jeudi midi comme médecin spécialiste en allergologie et rhumatologie dans son cabinet, et de jeudi après-midi à lundi matin comme pianiste. Une séparation qu’il respecte toujours strictement. Si le passage d’une activité à l’autre n’est pas toujours facile, il se révèle extrêmement enrichissant.
Lors du FFM 2016, Christoph Deluze s’exprimera sur le thème « la musique enrichie, la vie enrichie », et interprétera 4 transcriptions pour piano de J.S. Bach, Le fils de l’étoile d’Erik Satie, et 10 préludes de l’op. 38 de Dimitri Kabalevsky.


Monsieur Deluze, qu’est-ce qui vous a amené à pratiquer parallèlement deux professions aussi exigeantes? N’arrivez-vous pas à choisir entre l’une ou l’autre, ou êtes-vous trop habité par les deux?
« Choisir c’est renoncer » dit le proverbe. Pour moi, la musique et la médecine sont deux passions qui m’accompagnent depuis ma jeunesse, et je ne voulais renoncer ni à l’une ni à l’autre : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. » (Blaise Pascal).

Votre programme de la semaine prévoit sept jours de travail sans interruption. Cela demande sans doute beaucoup de discipline et de passion…
En effet, mon programme de la semaine est plutôt bien rempli! Il ne laisse guère de place pour d’autres hobbies et activités sociales. Comme vous l’avez justement formulé, ce qu’il faut surtout, c’est de la discipline et de la passion. En outre, j’ai la chance que ma femme Jacqueline accepte ce mode de vie et me soutient!

Considérez-vous ce partage entre deux professions comme un modèle à suivre?
Certainement pas! C’est une situation tout à fait personnelle. Il y a sans doute des gens qui jugent ce modèle « non professionnel ». Je vois cela autrement : la médecine d’aujourd’hui n’est pas une science absolue, car le mystère du vivant est encore largement inexploré. C’est pourquoi elle reste plutôt un art, « l’art médical », qui exige surtout de la créativité, de la sensibilité et de l’empathie, autant de qualités importantes pour un exercice judicieux de la médecine.

Le FFM vous amènera à parler de l’enrichissement de la musique et de la vie. Que signifie pour vous cette « richesse »?
Une vie sans musique est tout simplement inimaginable. La musique renferme tous les sentiments qu’une personne peut éprouver dans sa vie. Aujourd’hui, on met de plus en plus l’accent sur la performance. Il est donc important que dans leur recherche de perfection technique, les musiciens n’oublient pas l’émotion. Pour qu’il puisse communiquer des sentiments à l’auditeur, l’interprète doit être capable de les ressentir lui-même. En ce sens, le contact quotidien avec des personnes souffrantes et convalescentes représente pour moi une occasion privilégiée de pénétrer dans le monde des sentiments.
L’exercice de la médecine m’a appris deux principes importants : la précision et la modestie. Toutes deux font partie des racines indispensables à une vie responsable. La musique est la vie !

Traduction André Carruzzo

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