un bilan du printemps 2020 

Musique, COVID et enseignement à distance

Jean-Damien Humair, 27.08.2020

Comme toutes les institutions d’enseignement, les écoles de musique ont dû faire face ce printemps à une situation absolument inédite. Elles ont toutes mis en place dans l’urgence des solutions d’enseignement à distance. La rentrée est l’occasion de tirer un premier bilan.

Il faut saluer la rapidité et l’efficacité avec laquelle les écoles de musique ont mis en place leur enseignement à distance. Elles ont dû imaginer des solutions individuelles, puisque ces écoles ne disposaient pas de système informatique central lorsque les lieux publics ont dû fermer. Les enseignants et enseignantes ont spontanément mis la main à la pâte, comme le relève Blaise Héritier, directeur de l’Ecole jurassienne et conservatoire de musique : « tous les professeurs ont fait un travail incroyable, ils ont sauté dans le bateau du travail à distance avec un formidable investissement technique et personnel. Si les écoles ont tenu, c’est grâce à eux ». A l’Ecole de musique de Bienne, Lionel Zürcher renchérit : « Le besoin des enseignants de se mettre en contact avec leurs élèves était touchant. Les plus âgés et les moins connectés sont même celles et ceux qui sont allés le plus vite. Certains ont trouvé des gens qui leur ont prêté un ordinateur pour qu’ils puissent voir leurs élèves. » L’école biennoise a ainsi été opérationnelle en sept jours.
Pourtant, la solution n’était pas toujours confortable : « pour le corps enseignant, il faut relever beaucoup de fatigue générée par des conditions de connexion informatique très fluctuantes et par la quantité d’heures passées devant les écrans », note Philippe Krüttli, directeur de l’Ecole de musique du Jura bernois.
Du côté des élèves et de leurs parents, l’accueil a également été bon : « on a fait une offre de tarif avec quatre cours de moins sur le semestre. Sur 1000 élèves, seuls 9 % n’ont pas suivi les cours à distance proposés », explique Blaise Héritier. « Nous n’avons pas constaté de démotivation significative ; grâce à la continuité des cours assurés, les demandes de remboursement partiel d’écolage ont été extrêmement marginales », disent Eva Aroutunian et Philippe Chanon au Conservatoire de Genève.
A l’Ecole la Syncope de Morges, Carole David est tout aussi enthousiaste : « le bilan est très positif. Le lien entre professeur et élève a été maintenu et certains élèves ont même fait des progrès considérables. » Lionel Zürcher mentionne également des progrès inattendus en solfège.
Pour Philippe Krüttli en revanche, le bilan est plus contrasté : « les élèves avancés ont tiré profit de cette période en bénéficiant de plus de temps pour leur pratique personnelle. Les élèves moyens ont probablement progressé sur le chemin de l’autonomie, alors que pour les petits, c’était plus difficile. Pour eux, l’accompagnement des parents s’est avéré déterminant. »

Une solution pour le futur ?
Au Conservatoire de Montreux-Vevey-Riviera, Jean-Claude Reber établit un résumé de la situation : « l’enseignement à distance peut présenter des avantages intéressants : 1. Un meilleur suivi de l’élève pendant la semaine et une plus grande responsabilisation dans le travail qu’il doit fournir à la maison. 2. L’occasion pour de nombreux élèves de s’enregistrer et de se filmer, exercice toujours très enrichissant. 3. L’intérêt d’avoir des consignes et un commentaire par écrit qui peuvent être consultés à tout moment. 4. L’éveil de la curiosité et de la culture musicale de l’élève par l’incitation à un travail de recherche et de commentaire des pièces ou des interprétations sur internet. »
Il y a bien entendu également des points négatifs : « 1. L’impossibilité de travailler la sonorité ou d’aller très loin dans le travail musical. 2. Un certain isolement de l’élève, un manque de contacts avec les autres, la disparition des auditions, etc. 3. La difficulté de jouer avec l’élève ou de l’accompagner lors des cours vidéo. 4. Un surplus de travail très important pour les enseignants. 5. Une baisse de motivation des élèves en raison de l’absence d’objectifs durant cette période de confinement (auditions, projets, examens, etc.). »
Tous les directeurs et directrices d’école s’accordent pour conclure que si l’enseignement à distance ouvre des possibilités intéressantes, il ne peut en aucun cas remplacer le cours traditionnel. « Le contact humain, le jeu simultané et la perception des sonorités sont entre autres des atouts indéniables d’un enseignement en présentiel », explique Carole David.
Pour la rentrée, plusieurs écoles devront faire face à un nouveau problème : le manque d’inscription d’élèves. Les journées portes ouvertes et les auditions ayant été annulées au printemps, il faudra imaginer d’autres démarches pour inciter les enfants à prendre des cours d’instrument. Ceci dans une situation sanitaire qui reste encore floue.

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