De la pertinence de la musique en tant que métier dans le futur système !

De la pertinence de la musique en tant que métier dans le futur système !

Michael Kaufmann, président de SONART – Association Suisse de Musique , 25.11.2020

Il y a quelques semaines, j'ai eu une conversation avec un chef d'orchestre indépendant et musicien virtuose très demandé au niveau international. Cette année, il a dirigé seulement deux concerts symphoniques - toutes ses activités internationales ont été annulées. La suite demeure incertaine : il est seul, en tant qu'entrepreneur individuel, à supporter les suites des annulations pour lui et son orchestre, vu qu'il n'a reçu aucun soutien financier pour ces dernières. Actuellement, il vit grâce à un salaire de musicien de paroisse, employé à un taux de 20 % dans une église d'une ville de taille moyenne.

De quoi l'avenir sera-t-il fait ? - Il hausse les épaules et s'estime heureux que sa femme ait un emploi sûr. « C'est déprimant pour moi, mais c'est encore pire pour la culture ! », souligne-t-il dans la conversation. « Les gens vont manquer beaucoup de choses à l'avenir. » Cela résume le tournant de la scène musicale et culturelle suisse à la fin de l'année 2020. La situation est devenue encore plus critique avec la deuxième vague. Pour SONART, en tant qu'institution au service des créateurs de musique suisses, c'est alarmant. Il est devenu évident que beaucoup de choses vont changer dans les années à venir - pourtant le changement doit s'opérer. Le prisme de la pandémie a donné une nouvelle forme à de nombreux éléments considérés auparavant comme allant de soi. D'autre part, en première ligne, des orientations de développement convergent déjà et elles façonneront le futur monde de la musique. En d'autres termes, il est tout à fait évident, pour tout le monde, que la musique est absolument indispensable à tous les niveaux et dans la société dans son ensemble mais comment la musique va-t-elle poursuivre son existence, dans quels lieux (physiques et virtuels), avec quelles relations sociales et quel public, cela reste à voir.

SONART hausse le ton
SONART veut être partie prenante de ces développements et aider à les façonner. C'est pourquoi, au cours des derniers mois, son Comité directeur et son Bureau ont prioritairement traité ces quatre questions centrales :
• Comment pouvons-nous, opportunément et à court terme, garantir et améliorer la situation sociale et économique de nos membres et leur sécurité professionnelle ?
• Dans quels partenariats au niveau national et régional pouvons-nous représenter les intérêts de la culture et de la musique vis-à-vis de la politique, de l'administration et de l'économie ?
• Comment pouvons-nous réussir à ancrer, de manière plus solide, la profession de musicien°ne professionnel°le dans la société et faire en sorte que la musique, en tant que composante omniprésente de la vie, devienne une évidence ?
• Quels concepts innovants (en termes de contenu, mais aussi structurellement et techniquement) devrions-nous soutenir et sur lesquels devrions-nous nous concentrer pour la future vie musicale post-Corona ?

Nos réflexions sont naturellement issues de la situation précaire actuelle : nos collaborateurs°rices et le Comité directeur se sont donc concentrés sur l'élaboration des indemnités pour perte de gain nouvellement décrétées, sur les programmes d'aide d'urgence ainsi que sur les réglementations relatives à l'indemnisation des accidents du travail et les concepts de chômage partiel. Avec ses organisations partenaires, SONART a tenté d'apporter aux politiques les éléments de compréhension des caractéristiques spécifiques liées au métier de musicien°ne - et de l'impossibilité de survivre soudain uniquement avec une part déjà modeste de ses revenus. En conclusion : on n'a aucune chance sans coopération avec toutes les autres institutions culturelles. C'est pourquoi, SONART a été une voix engagée au sein de la Task Force Culture nationale et, par conséquent, dans le dialogue direct avec les autorités, les parlementaires et le Conseil fédéral. Notre ambition était et demeure d'informer nos membres de manière rapide et fiable sur l'état actuel des choses.

Penser à demain
Les questions quotidiennes sont de l'ordre de l'existentiel mais nous ne voulons pas nous y borner. À présent, il s'agit de traiter toutes les questions pertinentes et de contribuer à l'élaboration de concepts orientés vers le futur. - Quels changements connaîtrons-nous dans les cinq à dix prochaines années ? - Nous avons l'intention de nous attaquer concrètement à ce problème, dans le cadre de divers projets prioritaires, au cours des prochains mois avec un accent particulier sur les points suivants :
• Quel cahier des charges et quelles perspectives professionnelles auront les musicien°ne°s ? Quelles compétences seront requises hors mis celles liées à la musique ? Le cahier des charges évolue rapidement et, aujourd'hui, la plupart des musicien°ne°s professionnel°le°s ont un large éventail d'activités, qu'ils soient indépendant°e°s ou salarié°e°s. Ils sont sur scène, enseignent, participent à un réseau multimédia, organisent des concerts, communiquent sur la musique, organisent et ont des modes de gestion économiques numériques.
• À quoi ressemblera la future sécurité économique et sociale de la profession musicale ? Comment les parts de l'activité artistique indépendante peuvent elles être compensées à l'avenir ? Doit-il y avoir un revenu minimum pour les travailleurs°ses culturel°le°s dans la mesure où la société compense directement la valeur ajoutée que la musique et l'art génèrent ?
À quoi ressemble un modèle de retraite garanti ?
• Quelle forme devrait avoir la politique culturelle à l'avenir ? Les efforts actuels de la Confédération et des cantons, dans un principe fédéraliste d'encouragement à la culture, sont-ils suffisants ou ne vaut-il pas mieux de nouvelles bases et des concepts harmonisés dans un bon mix d'activités publiques et privées ? Mais comment outre la qualité comment promouvoir davantage l'innovation et la diversité internationale ?

Toutes ces questions et tous ces défis ne sont qu'un début. Pour SONART, ses membres sont au cœur des activités et nous voulons y intégrer leurs sensibilités, exigences, modes de pensée et créativité dans la construction d'un futur commun.

SONART - Association Suisse de Musique

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Président

Michael Kaufmann

Comité directeur
Lukas Frei, Anja Illmaier, Simone Keller, Elodie Romain, Marianne Schuppe, Mathias Steinauer, Christophe Studer, Christoph Trummer

Bureau
Cécile Drexel, secrétaire générale
Nick Werren, administration et services, chef de projets musiques actuelles
Christoph Trummer, chef de projets politiques
David Michaud, administration et communication Romandie
Benedikt Wieland, chef de projets Jazz
Jocelyne Rudasigwa, cheffe de projets musique contemporaine
Laura Thomann, responsable communication

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