Gustave Doret :  un compositeur  national ?

Gustave Doret : un compositeur national ?

15.08.2016

Qui ne connaît pas la Fête des vignerons ? Et qui ne l’associe pas à Gustave Doret, dont les deux partitions — en 1905 et en 1927 — ont marqué les esprits ? Toutefois, le compositeur vaudois est-il uniquement le chantre de sa région ?

Colloque Mythologies romandes : Gustave Doret et la musique nationale, sous la direction de Delphine Vincent et de Louise Sykes

23 septembre 2016

9h30 – 12 h00 / 14h00 – 18h00

Université de Fribourg, site Miséricorde (salles MIS 2033 et MIS 2029)

Le colloque est suivi d’un récital Doret, donné par Marie Saadi et Thomas Palmer, à l’Espace Phénix (Fribourg) à 19h00.

Les deux manifestations sont ouvertes à tous !

> www.unifr.ch/musicologie/

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Delphine Vincent — Le colloque Mythologies romandes : Gustave Doret et la musique nationale (23 septembre 2016) se propose de questionner cette image univoque du compositeur convoquée par l’historiographie et d’en offrir une vision plus diversifiée à l’occasion du cent cinquantième anniversaire de sa naissance. Cette manifestation, organisée par le Domaine d’études Musicologie de l’Université de Fribourg, s’insère dans le cadre du projet soutenu par le Fonds National Suisse pour la recherche scientifique « Beau pays de la vigne » : Musiques pour tous et construction de l’identité romande (1900-1945) (dir. : Prof. Luca Zoppelli).

D’Aigle à Paris

Né le 20 septembre 1866 à Aigle, Doret étudie le violon dès son plus jeune âge. En 1885, il part à Berlin afin de rejoindre la Königliche Hochschule für Musik, où il reçoit les conseils de Joseph Joachim. Puis, il se rend à Paris, en 1887, afin de parfaire sa formation musicale au Conservatoire, où il étudie notamment avec Théodore Dubois et Jules Massenet. A l’automne 1893, il est nommé deuxième chef d’orchestre des Concerts d’Harcourt. Il est ainsi amené à côtoyer le gratin du monde musical français. Finalement, il entre dans l’histoire de la musique pour avoir dirigé la première exécution du Prélude à l’après-midi d’un faune de Claude Debussy, le 23 décembre 1894. Suite à ces débuts fracassants dans la capitale française, il passe l’entier de sa vie entre Paris et la Romandie. Un portrait bien différent que celui retenu par l’historiographie émerge de ce survol biographique. D’où l’importance de réfléchir à la manière dont l’histoire de la réception a construit l’image de Doret et de reconsidérer son activité au niveau européen.

Un emblème régional

Si l’un des objectifs du colloque est de mettre en évidence le réseau de Doret et de replacer son œuvre dans un horizon plus large que celui du canton de Vaud, il vise également à comprendre comment le compositeur est devenu une figure emblématique de la Romandie. Dès lors, il convient de se rappeler que Doret a toujours été impliqué dans la vie musicale helvétique, siégeant — en tant que membre fondateur — à l’assemblée constituante de l’Association des musiciens suisses le 30 juin 1900 à Zurich. Outre les Fêtes des vignerons, il a composé de nombreuses œuvres de circonstance, dont le Peuple vaudois en 1903, écrit à l’occasion du centième anniversaire de la première réunion du Grand Conseil.

Il est évident que la lecture de Doret en tant que compositeur national a été favorisée par ces activités et surtout par un contexte historique qui était marqué par une recrudescence des mouvements régionaliste ou nationaliste. Toutefois, l’historiographie, là encore, a largement simplifié la question. En effet, on oublie trop facilement que le célébrissime Théâtre du Jorat à Mézières, fondé par René Morax avec Doret en 1908, accueillit entre ses murs l’élite européenne. En 1911, la Grange Sublime vit des représentations de l’Orphée de Christoph Willibald Gluck, placées sous la bénédiction d’un comité de patronage, dans lequel figuraient Camille Bellaigue, Albert Carré, Gaston Carraud, Paul Dukas, Pierre Lalo, Romain Rolland et Camille Saint-Saëns.

Vers une redécouverte du catalogue de Doret ?

Outre un discours historiographique biaisé, l’omission d’une grande partie de la vie de Doret — afin de servir une lecture nationaliste de son œuvre — a conduit à une réduction drastique de ses pièces encore jouées en concert de nos jours. En effet, Doret est l’auteur de plusieurs opéras pour Paris, ainsi que de nombreux cycles de mélodies, relégués aux oubliettes de l’histoire de la musique. Afin de lever une part de l’ombre qui règne sur sa production, le colloque sera suivi d’un récital exceptionnel de Marie Saadi qui interprétera des mélodies tombées dans l’oubli depuis bien trop longtemps.

Cette interaction entre musicologie et musique pratique permettra de souligner à quel point il est urgent de questionner la pertinence des frontières lorsqu’il s’agit de qualifier la production d’un artiste et de renouveler l’approche du contexte culturel et politique de la première moitié du 20e siècle franco-romand en ce qui concerne l’histoire de la musique.

Conférences / Veranstaltungen

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