Cette question est certes provocatrice, mais le tabou devrait être levé. 
Formons-nous trop de musiciens professionnels ?

Formons-nous trop de musiciens professionnels ?

Résumé de l’article de Daniel Schädeli, 01.11.2018

Cette question est certes provocatrice, mais le tabou devrait être levé.

Des orchestres disparaissent ou fusionnent, la culture est victime de coupes budgétaires, les acteurs culturels font de plus en plus face à une érosion de leur salaire, le nombre de postes dans les orchestres professionnels allemands a sensiblement baissé. On pourrait continuer à l’infini, mais plutôt que de s’adonner aux prédictions pessimistes, il faut se demander s’il ne serait pas mieux que toutes les institutions concernées se mettent d’accord et prennent les choses en main. Dans ce cadre, la question se pose de savoir dans quelle mesure la formation musicale suit les évolutions qui viennent d’être esquissées. Les associations faîtières de musiciens d’Allemagne et d’Autriche ainsi que la SSPM ont organisé un congrès en octobre de cette année. Sur leur invitation, on peut lire : « pourquoi formons-nous avec les programmes d’études les plus coûteux des milliers de musiciens d’élite qui ne pourront trouver, également en raison de l’offre mondiale, aucun poste qui leur corresponde, plutôt que former plus de professeurs pour les écoles de musique et d’enseignement obligatoire afin de promouvoir le travail musical de base ? » Est-ce à dire qu’il faudrait une nouvelle approche de la structure de nos institutions de formation aux niveaux régional et national afin de mieux répondre aux besoins actuels à tous les niveaux et partout ?

Ces questions agitaient les esprits bien avant la fermeture programmée de la HEM de Neuchâtel. Y répondre n’est pas aussi simple qu’il y parait. On a l’impression qu’elles n’ont jusqu’à présent que peu attiré l’attention au niveau national. La politique en matière de formation s’arrête souvent aux frontières cantonales. Fermer la HEM de Neuchâtel signifierait se déclarer vaincu dans le concours de politique régional pour l’attractivité du site. A l’inverse, la tendance est à plus de concentration, respectivement moins de dispersion des sites des hautes écoles en Suisse.

On trouve actuellement sur le marché suisse de la musique une très grande concurrence internationale, ce qui devrait avoir fondamentalement un effet positif sur la qualité. De combien de diplômés des HEM avons-nous besoin tant pour les 13 orchestres suisses à plein-temps que pour conserver et développer qualitativement et quantitativement toute la scène musicale du pays ? Peut-on le chiffrer, au moins approximativement, et si oui, comment ? Là commence le défi qui ne peut pas être résolu par des formules simplistes à la « Kulturinfarkt ». Les quatre auteurs de ce pamphlet polémique n’ont pas réussi à nous convaincre avec leur diagnostic prétendant qu’il y aurait trop de tout et la même chose partout. Leur assertion selon laquelle la moitié moins d’offre culturelle serait toujours suffisante est fantaisiste – et funeste. Elle n’apporte rien à celui qui veut se baser sur des faits. Nous devrions cependant diriger sérieusement notre attention vers les questions posées en début d’article ! Avec courage, de manière différenciée et sans crainte des vérités dérangeantes.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que l’auteur.
 

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