No culture, no future 
No culture, no future

No culture, no future

14.02.2021

Nous reprenons ici in extenso la lettre ouverte des travailleurs et travailleuses de la culture.

La culture fonctionne comme un écosystème, au sein duquel des travailleuses et travailleurs aux compétences multiples mettent en commun leurs différents savoir-faire au service de la création artistique. Et comme dans n’importe quel écosystème, même une légère variation locale dans le cycle de production est susceptible de provoquer d’importants dégâts. Ainsi, les conséquences des arrêts à répétition du secteur culturel sont dramatiques : de la fermeture des lieux culturels et l’annulation de festivals découlent des annulations de spectacles, concerts ou expositions qui, à leur tour, font courir les travailleur.euses culturel.les à la ruine économique. Tout l’écosystème est ainsi impacté, comme lors d’un coup de gel.

Ces conséquences se feront hélas sentir durablement, les saisons étant saturées par les reports, qui sont d’autant plus nombreux que la fermeture des lieux se prolonge. Pour tenter d’y répondre, des associations ont tiré la sonnette d’alarme à propos des difficultés rencontrées par les travailleur.euses culturel.les, et ce depuis le début de la crise sanitaire. Rappelons que cette crise met aussi en lumière la précarité des milieux culturels, situation déjà dénoncée depuis longtemps par les organisations professionnelles. C’est pourquoi elles ont, dès la première vague de contamination, alerté les pouvoirs publics sur la menace de voir se profiler un véritable désert culturel si rien n’est entrepris pour atténuer les conséquences des mesures imposées par les pouvoirs publics.

Aujourd’hui, nous, organisations professionnelles du domaine culturel, avons décidé de rappeler, collectivement, les propositions qui, selon notre expertise de terrain, sont nécessaires afin de limiter au maximum les dégâts causés par les mesures prises pour faire face à la pandémie (voire de mettre en place, de façon pérenne, des conditions de travail décentes pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs de la culture). Elles doivent être adoptées le plus rapidement possible par les autorités, c’est une question de survie pour notre secteur. Il faut donc, urgemment :

  • Rouvrir progressivement les lieux culturels au public, en cohérence avec la réouverture des autres secteurs économiques et dans le respect des mesures de protection, afin de garantir un accès réel à la culture à toutes et tous
  • Reconnaître juridiquement et administrativement le statut spécifique des travailleur.euses culturel.les au niveau fédéral
  • Développer massivement les soutiens financiers à la recherche artistique et la formation continue, afin que les travailleur.euses culturel.les puissent continuer à travailler, à cultiver leur savoir-faire et partager leurs compétences, également en dehors de la diffusion des œuvres
  • Soutenir et encourager les actions menées au niveau des cantons pour désengorger les lieux culturels
  • Simplifier et accélérer les démarches administratives nécessaires pour l’obtention des indemnités financières
  • Revoir le mode de calcul des indemnités APG afin de garantir aux indépendant.es des revenus décents
  • Prolonger les délais-cadres de chômage avec les indemnités compensatoires nécessaires pour les intermittent.e.s considérablement fragilisé.e.s depuis mars 2020

La culture est non seulement un secteur économique à part entière, mais aussi une activité fondamentale à nos développements individuels et collectifs et un outil pour penser nos sociétés et imaginer nos futurs possibles. Elle doit donc être reconnue comme essentielle par les pouvoirs publics.

Nous en appelons aux pouvoirs publics pour qu’ils assument les conséquences de leurs décisions. Si nous sommes empêché.es de travailler, nous devons être indemnisé.es. Faute de quoi, un secteur qui représente près de 300’000 emplois et plus de 3% du PIB sera durablement mis à mal, avec les conséquences économiques et sociales que cela implique.

En tant que faitières, nous soutenons les actions déjà menées depuis mars dernier, telles que cultureismyjob.ch et le manifeste des acteur.rices culturel.les suisses.

Les travailleur.euses de la culture

Les signataires

  • Action Intermittence
  • ACVPAS (association des compagnies valaisannes professionnelles des arts de la scène)
  • Antenne Romande, un groupe d’intérêt de l’ARF – Association suisse des scénaristes et réalisateurs·trices de films
  • Association Frauen*streikfotografinnen
  • ARTOS (Association Romande Technique Organisation Spectacle)
  • AVDC (Association vaudoise de la danse contemporaine)
  • Collectif AJAR (collectif littéraire)
  • Collectif TRAC (collectif suisse romand pour la défense des arts vivants)
  • Danse Transition
  • Et Maintenant (collectif d’acteur.rices culturel.les vaudois)
  • FARS (Fédération des arts de rue suisses)
  • FFAV (Faîtière Fribourgeoise des Arts Vivants)
  • FGMC (Fédération Genevoise des Musiques de Création)
  • FNAAC (Fédération neuchâteloise des actrices et acteurs culturels)
  • fOrum culture
  • La FC (Association Formation continue)
  • Les Compagnies Vaudoises (Faitière des producteur.rices des arts vivants)
  • Les Lundis Soirs (collectif de travailleurs.reuses de la culture)
  • ProCirque
  • RP-Les Rencontres Professionnelles de danses Genève
  • Sans Culture Le Silence (collectif d’acteur.rices culturel.les vaudois)
  • SCAA (Swiss Comics Artists Association)
  • SEV (Société des Ecrivains Valaisans)
  • SSA (Société Suisse des Auteurs)
  • SSRS (Syndicat suisse romand du spectacle)
  • t.Valais Wallis
  • Théâtre Pro Neuchâtel
  • TIGRE (Faîtière des producteur·rice·x·s genevoi·se·x·s de théâtre indépendant et professionnel)
  • VALAISFILMS
  • Visarte Genève
  • Visarte valais

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