Résumé 
Laisser faire le présent

Laisser faire le présent

04.09.2013

Les chefs d’orchestre sont des hommes, ils ont une formation de pianistes et parviennent peut-être à diriger un grand orchestre européen après des années d’assistanat. C’est un peu le schéma type d’une carrière, mais pas de celle de Marin Alsop. La cheffe américaine qui est à la tête de l’Orchestre symphonique de São Paulo n’a jamais été assistante, elle est violoniste, et bien sûr, elle est une femme.

C’est en voyant diriger Leonard Bernstein à l’âge de neuf ans qu’elle a décidé d’en faire son métier. Personne ne pouvait la guider dans son choix et lui expliquer quelle filière suivre pour devenir cheffe d’orchestre. Elle commença donc par étudier le violon. A seize ans pourtant, au lieu de s’inscrire au conservatoire, elle se présenta à l’Université de Yale. Un choix inattendu qu’elle ne regrette pas: «mes connaissances en psychologie et en langues me sont très utiles dans mon métier, et pour diriger un orchestre, il faut avoir une tête bien faite». Mais durant ses études, elle dirige de petits ensembles de musique de chambre, puis finit par s’inscrire à la Juilliard School où on la décourage: «chef d’orchestre n’est pas un métier pour une femme», lui dit son professeur de violon.

C’est vrai qu’une carrière de chef ne se planifie pas. Il faut compter sur la chance, sur les opportunités qui se présentent, ou pas. Un candidat chef d’orchestre ne peut pas «travailler son instrument». Il lui faut un ensemble en face de lui pour pouvoir s’exercer, mais on ne lui confiera pas un orchestre s’il n’a pas d’expérience: un cercle vicieux.

Elle s’entraîne donc avec des amis, qui acceptent de jouer pour elle et de lui faire la critique de sa manière de diriger contre de la bière et des pizzas. C’est sur ce principe qu’elle crée son premier orchestre à New York en 1984, le Concordia Orchestra.

Les portes des grandes salles ne s’ouvriront à elle qu’en 1989, lorsqu’elle obtient une bourse de son ancien modèle Leonard Bernstein. Depuis, elle aura été la première un peu partout: première femme à diriger un orchestre anglais, première à diriger un grand orchestre américain, etc. Une situation qu’elle trouve à la fois scandaleuse, parce qu’il aura fallu attendre le 21e siècle pour qu’une femme accède à ce genre de poste, mais à la fois flatteuse également, parce que c’est elle la pionnière. Féministe active, elle n’a pas renoncé à la maternité en parallèle à sa carrière: elle a un enfant et vit avec la corniste Kristin Jurkscheit.


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