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70 200 citations musicales et autant de formulaires

70 200 citations musicales et autant de formulaires

Résumé: Jean-Damien Humair, 03.07.2014

Un casse-tête pour les sociétés de droits d'auteur imaginé par Johannes Kreidler.

On le sait tous, une anecdote bien trouvée a souvent plus de sens qu’une longue explication. En voici une qui a défrayé la chronique en 2008: le compositeur allemand Johannes Kreidler, né en 1980, a utilisé un logiciel pour saisir au hasard des dizaines de milliers d’extraits musicaux sur Internet. Il les a rassemblés pour créer un morceau, puis il a rempli les formulaires de la GEMA (l’équivalent allemand de la SUISA) pour déclarer scrupuleusement chacune des œuvres citées. Comme cela représentait une très grosse pile de papier, il a chargé le tout dans un camion et l’a livré lui-même au siège de la GEMA à Berlin. Le site Internet de Johannes Kreidler précise que son morceau de 33 secondes contient 70 200 citations, ce qui représente le même nombre de formulaires.
L’action menée par Kreidler a donné lieu à une conférence de presse, elle a été suivie par la télévision et a suscité des débats sur Internet, en particulier sur les réseaux sociaux.
L’idée de ce « Che Guevara du copyright », comme on l’a appelé, était de provoquer une discussion utile sur l’avenir du droit d’auteur et de l’utilisation de musique préexistante à l’ère numérique. Et cela a marché.
Aujourd'hui, la bureaucratie a bridé la créativité. La composition de variations et de fantaisies sur un thème connu, une pratique encore très courante au 19e siècle, serait de nos jours tout bonnement interdite. Combien existe-t-il de variations sur des mélodies des Beatles? Pratiquement aucune, car personne ne peut se permettre de payer les droits d’auteur qu’impliqueraient une telle composition.
Selon Kreidler, premièrement, la créativité doit toujours être légale, y compris si l’œuvre créée copie des œuvres existantes, une technique de création comme une autre. Deuxièmement, la créativité doit être rémunérée autrement que par le droit d’auteur.
Mais comment? Par son action, Kreidler a posé la question, mais il n’y a pas répondu.


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