Editorial

RMS 9/2014, 03.09.2014

Motivation

 

Agatha Christie pensait que ce n’était pas la nécessité qui nous poussait à inventer, mais la paresse, le souci de s’économiser du travail, «c’est la raison de ce grand mystère qui, au cours des millénaires, nous a fait passer de l’âge de pierre à celui de la machine à laver». Cette explication ne semble toutefois pas s’appliquer à l’invention d’instruments de musique. Qu’est-ce qui pousse alors les inventeurs à y consacrer, le plus souvent, de longues années?

C’est Adolphe Sax qui nous a conduits à consacrer cette édition aux «inventeurs»: il fête cet automne son 200e anniversaire, et il n’a pas inventé que le saxophone, mais également toute la stratégie marketing qui a permis de le vendre. Cet inventeur multiple — on lui doit également un médicament contre la diarrhée et un appareil pour inhalations, entre autres nombreux brevets — est un représentant typique du 19e siècle, l’âge d’or des inventions. A l’époque où la technologie commençait à envahir les foyers et l’industrie, le statut d’inventeur était (presque) un métier comme les autres.

Qu’en est-il aujourd’hui, alors que la mode est de «se réinventer soi-même», et que nous sommes envahis de toutes sortes de gadgets technologiques que nous utilisons sans vraiment les maîtriser? L’inventeur est-il une espèce en voie de disparition? Pas du tout! Certes, l’inventeur universel n’existe plus. Mais bien des mélomanes ont dans leur tête une sonorité encore inouïe — malgré la quantité d’instruments existants —, et quelques-uns d’entre eux sont assez curieux et persévérants pour chercher jusqu’à ce qu’ils la trouvent.

A l’heure des synthétiseurs, la démarche n’est-elle pas dépassée? Alain Crevoisier, qui imagine l’instrument du futur à la tête de plusieurs groupes interdisciplinaires de chercheurs, évoque une autre motivation: la frustration. Déçu de ses piètres capacités de musicien, il s’est tourné vers la musique électronique qui l’a, elle aussi, déçu. Elle lui offrait bien une palette infinie de sonorités, mais l’empêchait de s’exprimer lui-même… Aujourd’hui, il développe un instrument électronique qui lui permet de forger les sons au plus près de leur source.

La recherche continue.

Cordialement
Pia Schwab
 


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